Tu as vu passer le mot. Régénératif. Il arrive dans les notices de concours, dans les mémoires techniques, dans les pages « démarche » d’agences qui écrivaient « durable » au même endroit six mois plus tôt. La tentation de l’ajouter à ta plaquette est réelle, et c’est précisément là que le sujet devient dangereux pour toi : un mot posé sans conséquence sur tes projets se retourne le jour où un maître d’ouvrage, ou un confrère du jury, te demande ce que tu as fait de différent.

La démarche régénérative en architecture n’est pas un durable plus enthousiaste. C’est un changement de cible. Le durable cherche à faire moins de dégâts : moins consommer, moins émettre, moins jeter. Le régénératif cherche un solde positif sur le milieu : un sol qui fonctionne mieux après le chantier qu’avant, une parcelle qui infiltre l’eau qu’elle rejetait, un site qui héberge du vivant là où il n’y en avait plus, un bâtiment dont les matériaux restent démontables et réutilisables. Ce n’est pas une nuance de vocabulaire, c’est une autre manière d’arbitrer.

Cet article traite ce que ça change pour toi, dirigeant d’agence. Pas la théorie : le choix des projets que tu acceptes, les compétences que tu dois aller chercher, la façon dont tu en parles à un maître d’ouvrage qui n’a rien demandé, et ce qu’il ne faut jamais promettre si tu ne veux pas finir accusé d’écoblanchiment.

Sommaire

  1. Durable et régénératif ne visent pas la même chose
  2. Ce que le régénératif change dans un projet réel
  3. Les compétences que ça t’oblige à aller chercher
  4. Le dialogue avec le maître d’ouvrage
  5. Trois étapes pour en faire un positionnement, pas un argument
  6. Éviter l’écoblanchiment sans renoncer à en parler
  7. Questions fréquentes

Durable et régénératif ne visent pas la même chose

En bref : le durable travaille sur une réduction, le régénératif sur un solde. Tant que ton objectif reste « faire moins de mal », tu es dans le premier registre, quel que soit le mot que tu emploies dans ta notice.

Le durable réduit, le régénératif répare

La construction durable, telle qu’elle s’est structurée en France, est une discipline de la réduction. Le cadre réglementaire des constructions neuves, la RE2020, en est l’illustration la plus nette : le ministère de la Transition écologique la présente comme « la première réglementation française, et une des premières mondiales, à introduire la performance environnementale dans la construction neuve via l’analyse en cycle de vie ». On compte l’impact du bâtiment, phase de construction comprise, et on le contient. C’est un progrès considérable, et c’est une logique de plafond.

Le régénératif prend le problème par l’autre bout. Il ne demande pas « combien j’ai réduit », il demande « qu’est-ce qui, sur ce site, fonctionne mieux grâce au projet ». Un sol qui retrouve sa capacité d’infiltration. Une parcelle qui produit de l’ombre là où il n’y en avait aucune. Une matière qui pourra repartir dans un autre bâtiment au lieu de finir en benne. Cette idée d’une matière qui reste utile après usage n’a rien d’inventé ici : elle a été formulée par l’architecte William McDonough et le chimiste Michael Braungart dans « Cradle to Cradle : Remaking the Way We Make Things », publié en 2002, où le déchet d’un système devient la ressource d’un autre. La méthode Archipreneurs s’appuie dessus, elle ne s’en attribue pas la paternité.

Ce que la loi mesure déjà, et ce qu’elle ne mesure pas

Le sol est le point où l’écart devient concret. La loi Climat et résilience définit l’artificialisation, dans son article 192, comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol », ainsi que le rappelle la page officielle du ministère sur l’artificialisation des sols. La France s’est fixé un objectif de zéro artificialisation nette des sols en 2050, avec une étape intermédiaire de réduction de moitié de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers sur la décennie 2021-2031 par rapport à la précédente.

Retiens la formulation : ce que la loi protège, ce sont des fonctions. Pas une surface verte, pas un ratio d’espaces plantés dans un permis. Des fonctions biologiques, hydrologiques, climatiques. Un massif arbustif posé sur trente centimètres de terre au-dessus d’un parking enterré coche la case paysagère et ne restitue presque aucune de ces fonctions. C’est exactement l’écart que la démarche régénérative t’oblige à regarder en face, et c’est aussi celui qui te met en position d’expliquer à un maître d’ouvrage pourquoi son projet « végétalisé » ne l’est pas vraiment.

Le tableau qui sépare les deux logiques

Sujet Objectif régénératif (là où le durable se contente de réduire) Indicateur que tu peux suivre Ce que ça change concrètement dans le projet
Sol Restituer des fonctions écologiques, pas seulement limiter l’emprise Surface conservée en pleine terre et surface désimperméabilisée L’implantation et le phasage de terrassement se décident avant le plan masse définitif
Eau Faire infiltrer sur site plutôt que raccorder et évacuer Part des eaux pluviales infiltrée sur la parcelle Noues, sols poreux et rétention deviennent des éléments de composition, pas des ouvrages ajoutés à la fin
Biodiversité Créer un biotope qui accueille le vivant, pas un décor paysager Épaisseur de substrat, continuité végétale, présence de plusieurs strates Le végétal entre en phase esquisse avec ses contraintes de charge, d’arrosage et d’entretien
Matériaux Garder la matière disponible pour un usage suivant Part de matière démontable, réemployée ou biosourcée Les assemblages sont pensés démontables, ce qui déplace le lot gros oeuvre et la charpente
Santé et confort des occupants Améliorer la qualité de l’air et le confort d’été par la matière elle-même Régulation hygrométrique, températures relevées en usage l’été Des matériaux comme la terre crue reviennent dans l’arbitrage pour leurs qualités, pas par posture

Ce que le régénératif change dans un projet réel

Le sol devient un sujet de conception, pas un reliquat

Dans la plupart des projets, le sol est traité en fin de parcours : on dessine, on terrasse, on rattrape, puis on plante ce qui reste. La démarche régénérative inverse l’ordre. Les questions se posent au moment de l’esquisse, quand tu choisis où tu poses le bâtiment, comment tu l’orientes, ce que tu gardes et ce que tu enlèves. Quelles surfaces peuvent rester en pleine terre. Lesquelles peuvent être désimperméabilisées. Quels sols doivent être protégés pendant le chantier, parce qu’un sol vivant compacté par des engins pendant huit mois ne se répare pas avec un semis en fin de travaux. Quels déblais peuvent être réemployés sur place au lieu de partir en camion.

C’est la clé la plus exigeante du module de management de projets écoresponsables de la méthode Archipreneurs : la régénération ne s’ajoute pas à la fin, elle se décide au moment où l’on implante, où l’on oriente, où l’on terrasse. Une fois le permis déposé, il ne reste plus grand-chose à régénérer.

Même une parcelle entièrement bâtie laisse une marge

L’objection arrive vite en réunion : « nous sommes en centre-ville, la parcelle est construite à cent pour cent, il n’y a pas de pleine terre ». C’est vrai, et ce n’est pas une fin de discussion. Le projet architectural peut rester un support du vivant sans pleine terre : jardins en épaisseur sur dalle, infiltration partielle, ombre portée, continuités végétales sur les niveaux hauts, matériaux qui régulent la chaleur. Les opérations sur lesquelles Philippe et Leslie ont travaillé au Groupe Seuil, y compris sur des sous-sols entièrement bétonnés, ont été conçues dans ce cadre-là.

Le raisonnement à tenir devant un maître d’ouvrage est simple : sur une parcelle contrainte, la marge n’est pas nulle, elle est plus chère à obtenir et il faut la décider tôt. Dit à l’esquisse, c’est un arbitrage. Dit au dépôt du permis, c’est un surcoût.

La matière : sortir du réflexe béton sans le diaboliser

La démarche régénérative te ramène à la question des matériaux, et c’est là que beaucoup d’agences se cassent les dents. Deux erreurs se répètent. La première consiste à construire en bois comme on construit en béton, en gardant les mêmes portées, les mêmes trames, les mêmes réflexes d’assemblage. L’exigence du bois réapprend à construire de manière plus frugale, elle ne se laisse pas plaquer sur un projet dessiné pour autre chose. La seconde consiste à abandonner à la première contrainte, alors que la mixité des matériaux est justement le moyen de mettre la bonne matière au bon endroit, surtout quand la destination du bâtiment impose des exigences que le biosourcé seul ne couvre pas.

Il y a un troisième point, moins connu de tes équipes : la terre crue reste sous-cotée. Elle se répare, se réutilise, se recycle, se biodégrade, répond au confort d’été, régule l’hygrométrie, favorise la qualité de l’air et peut parfois se prélever sur le site lui-même. Elle demande une culture d’exécution que toutes les entreprises n’ont pas, ce qui te renvoie directement à la question suivante.

Schéma comparant une approche durable de réduction et une démarche régénérative visant un solde positif sur le sol, l'eau et le vivant

Les compétences que ça t’oblige à aller chercher

Ce que tu dois savoir lire toi-même

Tu n’as pas besoin de devenir pédologue ou écologue. Tu as besoin de savoir lire ce qu’ils produisent et de savoir quand les faire intervenir, c’est-à-dire beaucoup plus tôt que d’habitude. Concrètement : comprendre une étude de sol au-delà de la portance, savoir ce qu’est une analyse de cycle de vie et ce qu’elle mesure vraiment, savoir quelles questions poser à un bureau d’études thermiques sur le confort d’été plutôt que sur la seule consommation, et savoir estimer ce qu’une solution biosourcée coûte réellement en conception, pas seulement en fourniture.

Cette montée en compétence se planifie comme n’importe quelle autre. Elle suit une progression, elle ne s’improvise pas sur un projet en cours. Si tu structures un plan de formation pour toi et pour ton équipe, les repères sont dans notre article sur la formation de l’architecte.

Ce que tu vas chercher chez les autres

Dans la construction écoresponsable, la répartition des rôles se déplace. C’est souvent le charpentier qui devient le chef d’orchestre et le gros oeuvre qui joue le premier violon, ce qui bouscule les habitudes de coordination de la plupart des agences. Attention : le charpentier n’a pas toujours cette culture, et le fait de travailler le bois ne garantit rien sur la logique d’ensemble. Tu dois qualifier tes entreprises sur ce point précis, avant de t’engager devant un client.

Le reste de l’écosystème compte autant. Pour que l’économie circulaire progresse, il faut la formation des acteurs, l’engagement des bureaux de contrôle et des assurances, des plateformes de réemploi physiques et numériques, des référents sur les chantiers. Tu ne contrôles pas ces conditions, mais tu peux savoir lesquelles sont réunies sur ton territoire avant de promettre un objectif. Cette évaluation en amont relève du même réflexe que celui décrit dans la matrice go / no-go des appels d’offres : décider en connaissance de cause plutôt qu’accepter puis découvrir.

Le dialogue avec le maître d’ouvrage

En bref : ne vends pas une conviction, vends des fonctions et un risque évité. Un maître d’ouvrage privé ne finance pas ton engagement écologique, il finance un bâtiment qui tient dans le temps et qui ne lui reviendra pas à la figure dans dix ans.

Parler fonctions, pas convictions

La conversation la plus difficile n’est pas technique, elle est commerciale. Si tu arrives avec un discours moral, tu perds. Si tu arrives avec des fonctions, tu tiens. Un sol qui infiltre, c’est un réseau de collecte moins dimensionné et un risque de ruissellement en moins. De l’ombre végétale sur une cour, c’est un espace utilisable en juillet. Des assemblages démontables, c’est une capacité d’extension et de transformation dans quinze ans, quand l’usage aura changé. Des matériaux qui régulent l’hygrométrie, c’est une qualité d’air que les occupants ressentent sans savoir la nommer.

Le maître d’ouvrage public entend un autre argument, tout aussi factuel : la trajectoire réglementaire va dans ce sens, entre l’analyse de cycle de vie déjà installée dans le neuf et l’objectif de zéro artificialisation nette à 2050. Un projet conçu dans cette logique vieillit mieux face aux évolutions de cadre. Tu n’as pas besoin d’en rajouter, la loi parle pour toi.

Ce que tu peux facturer et ce que ça change dans ta mission

Cette approche consomme du temps de conception en amont : études de sol lues plus tôt, écologue ou paysagiste concepteur associé dès l’esquisse, arbitrages matériaux instruits avant l’avant-projet, entreprises qualifiées avant la consultation. Ce temps existe, il se facture, et il ne rentre pas dans un pourcentage calculé au plus juste sur des habitudes anciennes. Si tu ne l’intègres pas à ta rémunération, tu financeras ton positionnement avec ta marge, ce qui est la manière la plus rapide de le rendre intenable. La façon de construire cet argumentaire est traitée dans notre article sur les honoraires et la valeur ajoutée.

Trois étapes pour en faire un positionnement, pas un argument

Avant de commencer : ce que tu poses sur la table

Ce chantier de positionnement ne se lance pas sur une inspiration de fin de semaine. Il te faut trois choses : la liste de tes opérations des trois dernières années, la liste de tes entreprises et cotraitants habituels avec ce qu’ils savent réellement faire, et une réponse honnête à la question « qu’est-ce que je suis prêt à refuser ». Sans cette troisième réponse, tu n’auras pas un positionnement, tu auras un chapitre de plaquette. Ce travail de clarification rejoint celui décrit dans les trois questions du dirigeant d’agence.

Étape 1 : commence par ce que tu fais déjà sans le nommer. Reprends tes trois dernières opérations et cherche les décisions qui allaient dans ce sens sans que tu les revendiques : un arbre conservé contre l’avis du terrassier, un déblai réemployé sur site, une casquette qui a sauvé un confort d’été, un choix de matériau tenu en réunion de chantier. Tu trouveras plus de matière que prévu. Ce recensement te donne des exemples réels, datés, vérifiables, et t’évite de partir sur des promesses que tu n’as encore jamais tenues.

Étape 2 : choisis deux fonctions, pas dix. Le sol et l’eau, par exemple. Ou la matière démontable et le confort d’été. Deux fonctions que tu es capable d’instruire sérieusement sur chaque projet, avec un indicateur que tu peux suivre du concours à la réception. Une agence qui annonce tout ne prouve rien, et sur ce sujet plus qu’un autre, la précision fait la crédibilité. Les autres dimensions viendront quand l’équipe et les partenaires suivront.

Étape 3 : inscris ces deux fonctions dans ton processus, pas dans ta communication. Une ligne dans ton modèle de note d’esquisse. Une question obligatoire dans ta réunion de lancement avec le maître d’ouvrage. Un point de vérification avant dépôt de permis. Tant que ça ne vit que sur ton site, ça reste un argument. Le jour où un collaborateur en parle spontanément à un client parce que la question figure dans le document qu’il ouvre, c’est devenu un positionnement. Cette bascule du discours vers le rituel de travail est exactement ce que traite la méthode F.O.C.U.S. pour piloter ton agence.

Ce que tu documentes au fur et à mesure

Photographie les états initiaux : sol, végétation existante, écoulements, bâti conservé. Note ce que tu as proposé et ce que le maître d’ouvrage a arbitré, y compris quand il a dit non. Dans deux ans, cette documentation vaudra tous les discours : elle te permettra de montrer une trajectoire au lieu d’une intention, et de dire honnêtement ce que tu as obtenu et ce que tu n’as pas obtenu. C’est aussi ce qui te protégera si quelqu’un met ta démarche en doute.

Atelier d'agence d'architecture où l'équipe arbitre les choix de sol, d'eau et de matériaux d'un projet en phase esquisse

Éviter l’écoblanchiment sans renoncer à en parler

Les formulations qui te mettent en risque

Trois familles de phrases posent problème. Les superlatifs sans périmètre, du type « bâtiment à impact positif », qui n’engagent sur rien de mesurable et se retournent à la première question précise. Les chiffres empruntés à d’autres, repris d’un article de presse ou d’une plaquette de fabricant sans vérifier ce qu’ils mesurent exactement ni à quelle date. Et l’attribution abusive, qui consiste à présenter comme un choix d’agence ce qui était une contrainte de PLU ou une exigence du programme.

La règle est la même que pour n’importe quelle affirmation professionnelle : si tu ne peux pas nommer la source, la date et le périmètre, tu ne l’écris pas. Une absence assumée coûte infiniment moins cher qu’une affirmation qu’un maître d’ouvrage démonte devant témoins.

La preuve qui tient devant un client sceptique

Ce qui tient, c’est une opération identifiée, une décision datée, une donnée d’état initial et un résultat constaté. « Sur ce projet, l’état initial montrait tel écoulement, nous avons proposé telle solution en esquisse, le maître d’ouvrage l’a validée en avril, voilà ce que ça donne aujourd’hui. » Ce niveau de récit est accessible à toute agence qui a documenté deux ou trois opérations, et il vaut mieux qu’un manifeste. Sur ce terrain, un parcours long compte aussi : l’antériorité de Philippe Gonçalves sur le bâtiment durable, y compris son intervention au Sénat sur le biosourcé et le hors site, est détaillée dans son parcours d’architecte.

Questions fréquentes

Quelle est la différence exacte entre architecture durable et architecture régénérative ? Le durable poursuit une réduction : moins de consommation, moins d’émissions, moins de déchets, avec un cadre réglementaire qui fixe des plafonds. Le régénératif poursuit un solde positif sur le milieu : le site doit fonctionner mieux après l’opération qu’avant, sur le sol, l’eau, la biodiversité, le cycle des matériaux et la qualité de vie des occupants. La différence n’est pas d’intensité mais de direction, et elle se voit surtout dans le moment où les décisions sont prises. Dans une démarche régénérative, ces arbitrages se posent dès l’esquisse, pas au moment du dossier de permis.

Est-ce que la RE2020 impose déjà une démarche régénérative ? Non. Le ministère de la Transition écologique présente la RE2020 comme la première réglementation française à introduire la performance environnementale dans la construction neuve via l’analyse en cycle de vie, ce qui est un cadre de mesure et de limitation de l’impact, pas une obligation de restaurer les fonctions d’un site. Elle s’applique par phases selon la typologie de bâtiment, en commençant par les maisons individuelles et les logements collectifs. Le régénératif va au-delà de ce périmètre et reste, à ce jour, un choix d’agence et de maîtrise d’ouvrage. C’est précisément ce qui en fait un élément de différenciation possible.

Comment aborder le sujet avec un maître d’ouvrage privé qui ne demande rien ? En parlant fonctions et risques, jamais convictions. Un réseau moins dimensionné, une cour utilisable en été, un bâtiment transformable dans quinze ans, une qualité d’air ressentie par les occupants : ce sont des bénéfices qu’il comprend et qu’il peut arbitrer. Présente ensuite le temps de conception supplémentaire comme une ligne de mission identifiée, pas comme un supplément d’âme offert. S’il refuse, note-le et passe à la suite ; tu auras au moins établi que tu sais instruire la question.

Faut-il de nouvelles compétences internes, ou peut-on s’appuyer uniquement sur les partenaires ? Les deux, mais dans cet ordre. Tu dois savoir lire une étude de sol au-delà de la portance, comprendre ce que mesure une analyse de cycle de vie et savoir quand faire entrer un écologue ou un paysagiste concepteur dans le processus, ce qui est beaucoup plus tôt que l’habitude. Le reste relève de tes partenaires, à condition de les qualifier sur ce point précis : dans la construction écoresponsable, le charpentier devient souvent le pivot du chantier, et tous n’ont pas cette culture. Sans cette qualification en amont, tu porteras seul un engagement que ton équipe de chantier ne saura pas tenir.

Par où commencer si mon agence n’a encore rien formalisé ? Par tes trois dernières opérations. Recense les décisions déjà prises dans cette direction sans avoir été revendiquées, choisis deux fonctions que tu es capable d’instruire sérieusement sur chaque projet, puis inscris ces deux questions dans tes documents de travail plutôt que sur ton site. Tu obtiendras un positionnement documenté en quelques mois, avec des exemples réels et datés. C’est plus lent qu’une refonte de plaquette, et c’est la seule version qui résiste à un client qui creuse.

Un positionnement environnemental crédible ne se décrète pas un matin : il se construit projet après projet, avec les compétences, les partenaires et le modèle économique qui vont avec. C’est un travail de dirigeant autant que d’architecte, et il se mène mieux entouré de confrères qui ont déjà passé les mêmes caps. Si tu veux avancer sur cette structuration, réserve ton appel découverte et voyons où en est ton agence.